La Hotchkiss Grégoire, celle qui fut trop en avance

Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

À la une sur News d'Anciennes

René Arnoux dans une F1 Ferrari, on fait un point sur les engagés du Grand Prix de Monaco Historique

À moins de trois mois du Grand Prix de Monaco Historique, le voile est enfin tombé sur la liste des engagés ainsi...

Simca Vedette, le dernier V8 français

Jamais Simca n'aurait étudié un modèle du genre. Pourtant c'est bien la marque à l'hirondelle qui commercialisa le dernier V8 "Made in...

C’est une des dernières autos produites par la marque française de luxe. Et au milieu de toutes les autos de la production, on la remarque. La Hotchkiss Grégoire était une voiture très moderne à sa sortie en 1950. Trop ? Peut-être. On vous raconte son histoire.

Jean-Albert Grégoire en quelques mots

Né en 1899, Grégoire est un polytechnicien diplômé également… titulaire d’un doctorat de droit. Mais c’est bien pour sa carrière d’ingénieur qu’on le connaît.

Sa première réalisation, c’est la Tracta Géphi, née en 1926… et la première traction française. Elle est basée sur des joints de sa création, joints qui seront particulièrement utiles aux Citroën Traction et autres Jeep Willys.
Sa création suivante c’est un châssis-carcasse en alu. Là aussi c’est innovant mais peu d’autos l’adopteront.

Il travaille pour Donnet, Chenard et Walker. Mais on retrouve surtout son nom sur l’Amilcar Compound qui innove mais n’est pas aboutie sur certains points… et qui est déjà produite par Hotchkiss.

L’Amilcar Compound

Pendant la guerre il s’allie à l’Aluminium Français pour étudier une petite auto, performante, qui ne verra jamais le jour. Beaucoup de ces innovations seront reprises après-guerre sur la Panhard Dyna X, tant au niveau de la traction que de l’utilisation de l’aluminium.

Mais tandis que la Dyna s’approche de la production, il crée la Grégoire R et la présente au Salon de Paris 1947. Un prototype-laboratoire qu’il veut vendre à un constructeur ayant les reins solides. C’est alors qu’il est approché par Hotchkiss.

Le prototype Grégoire R

La naissance de la Hotchkiss Grégoire

Pour préparer l’auto de série, la R est modifiée. Au salon de Paris 1949 le châssis en Alpax qui inclut le tablier et la baie de pare-brise est dévoilé.

En 1951 la Hotchkiss Grégoire est prête. Côté châssis, on le connaît. On retrouve quatre roues indépendantes, chose assez rare à cette époque et les suspensions font appel à un système à flexibilité variable et notamment des ressorts hélicoïdaux horizontaux.
Le moteur de 2 litres de la R a été passé à 2,2 litres. Résultat, il sort 75ch. Surtout c’est son architecture qui innove puisque c’est un 4 cylindres à plat, chose totalement inconnue chez Hotchkiss. Autre nouveaté, comme les réalisation précédentes de l’ingénieur, c’est une traction.

Enfin la carrosserie est sensiblement identique à la R, si ce n’est qu’elle s’est affinée quand l’auto a été allongée de près de 10 cm. Très ronde, elle est surtout très étudiée au niveau aérodynamique avec son Cx de 0,21. En plus ses ouvrants en alu limitent le poids total de l’auto tandis que le volume intérieur est royal et peut loger 6 personnes sans trop de soucis.

Avec à peine plus d’une tonne sur la balance, et malgré ses 75 « petits » chevaux, la Hotchkiss Grégoire peut monter à 150 km/h !

La carrière courte de la Hotchkiss Grégoire

Les premières livraisons se font en 1951. À vrai dire elles sont peu nombreuses. Hotchkiss et Grégoire ont tout fait pour que l’industrialisation soit la moins chère possible. Mais les techniques sont novatrices et le coût de revient s’en ressent.

La Hotchkiss Grégoire est proposée à 1.800.000 francs, c’est très cher. Et le pire c’est que la marque aux canons perd encore de l’argent sur chaque voiture ! Le prix empêchant le volume d’augmenter, on est dans une impasse.

On décide alors de supprimer les ouvrants en alu. Mais rien n’y fait. Les coachs et cabriolets confiés à Chapron à partir de 1953 ne se vendent pas mieux.

Au final, Hotchkiss stoppe la production en 1954. 247 Hotchkiss Grégoire ont été fabriquées dont 7 coach et autant de cabriolet. La marque cesse même toute activité automobile peu après.

Grégoire continuera à vouloir fabriquer des autos. Mais sa Grégoire Sport sera elle aussi un échec commercial.

La Grégoire Sport, produite à 5 exemplaires

Les Hotchkiss Grégoire de nos jours

Pour des voitures évoluées et rares, on aurait pu croire que les Grégoire s’arrachent à prix d’or. Et bien non. Artcurial en propose une au sein de la collection Trigano qui sera vendue en Septembre prochain. Son estimation est située entre 18 et 24.000 €. Néanmoins le prix réel est plutôt situé entre 25 et 30.000 € pour ces autos.

Le plus dur sera d’en trouver une !

Source : Club Hotchkiss
Photos complémentaires : Artcurial et Club Hotchkiss

- Advertisement -

Sur le même thème

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Nos derniers articles

Au volant d’une Renault 5, un plaisir simple

Une Turbo ? Non. Une R5 Alpine Turbo alors ? Non plus. Pourquoi la Renault 5 devrait-elle être sportive pour être intéressante....

Nos Anciennes Abandonnées : une R8… ou ce qu’il en reste

Cette fois ce n'est pas Antoine qui nous présente une ancienne abandonnée (les autres épisodes sont par ici). C'est Mathieu qui nous...

Au volant d’une Eden Roc, petit plaisir

Conduire un cabriolet italien, on l'a déjà fait. Mais les Alfa Spider, c'est tellement courant. Alors on va faire plus original. Plus...

Au volant d’une Daf 44, incomparable !

Dernier essai du jour. J'ai le choix. Soit l'AC Bristol, soit une auto qui m'intringue depuis longtemps. J'ai déjà tâté de l'AC...